| Mousta
Largo, loin d'être un inconnu en Belgique, met à profit son expérience
et sa notoriété pour valoriser quotidiennement l'image du Maroc
et défendre les droits des Marocains. Cette année symbolisant les
relations entre la Belgique et le Maroc, il a décidé de participer
activement aux festivités. Né en Belgique de parents marocains,
Mousta Largo est un personnage franc et attachant qui cherche aujourd'hui à
leur rendre hommage. En 1957, son père quitte le pays pour travailler en
France dans les mines, puis en Belgique dans l'espoir de disposer d'une meilleure
situation et d'acheter un terrain ou une maison au Maroc. Malheureusement, peu
de temps après avoir été pensionné, le pauvre homme
meurt et ne verra jamais son rêve se réaliser
De cette période,
Mousta garde un sentiment de rancur et d'injustice et la seule manière
de rendre hommage à son père est de lui montrer qu'il a réussi
dans la vie. Si ce n'est pas en faisant des études, c'est
en devenant
chanteur qu'il réussit ce challenge ! Génération
" Starsky & Hutch " et " La Petite Maison dans la Prairie "
Mousta a grandi avec ses " frères " belges mais
a toujours eu le sentiment d'appartenir à deux cultures ; l'européenne
puisqu'il a évolué dans un contexte et une culture européenne
plongés, à l'époque, dans les épisodes de " Starsky
& Hutch " ou encore " La Petite Maison dans le Prairie " ;
la marocaine étant donné qu'il a aussi grandi avec tout un flot
de traditions et rituels typiquement marocains. Les problèmes liés
à l'immigration sont apparus avec la création involontaire de deux
communautés auxquelles on ne pouvait appartenir simultanément. La
montée de l'Extrême Droite en France et ailleurs depuis une dizaine
d'années a provoqué, selon lui, un déblocage au sein des
communautés étrangères. " Grâce
à la notoriété, les choses ont basculé
" Les
chose ne sont pas toujours aussi évidentes qu'on ne le pense quand on décide
de vivre à l'étranger
Mousta a longtemps souffert du racisme
latent et a été la victime, comme tant d'autres, de ce qu'il appelle
le " délis de facies ", synonyme de difficulté à
l'embauche, refus d'entrée en discothèque, méfiance accrue
des services de l'ordre, etc. Ce n'est seulement que lorsqu'il a commencé
à être connu que les choses ont basculé et que les portes
se sont ouvertes. Mais combien d'autres jeunes ont cette chance
peu malheureusement
! Souvent perçu comme un " Eldorado ", l'Europe est malheureusement
bien loin de l'idée que les jeunes marocains peuvent s'en faire
Cette
notoriété, Mousta Largo a décidé de l'utiliser à
bon escient en véhiculant des messages clairs et positifs afin de supprimer
ou du moins diminuer les préjugés sur l'Islam et les Marocains.
En Belgique, le fait d'être Marocain est directement associé au fait
d'être un voyou ou un voleur. Les problèmes d'agressions et plus
généralement les problèmes sociaux sont à la base
de ce climat dans lequel une majorité des étrangers payent pour
des minorités désuvrées alors que la culture arabe,
bien loin d'être à l'image du terrorisme, est complètement
apte, d'après lui, à être occidentalisée. "
Pour moi, le Maroc est l'exemple même de ce qu'est le Marocain " Les
Marocains établis en Belgique sont souvent des fils d'ouvriers, fils de
mineurs ou de paysans. La plupart ne sont pas des intellectuels et malheureusement,
d'après lui, le peu d'intellectuels marocains vivant à l'étranger
ne se reconnaissent pas dans leur communauté, dans leur culture. Par conséquent,
le meilleur moyen de voir qui sont les Marocains est encore de venir au Maroc
pour mieux comprendre. Il souligne aussi le fait que le Maroc est l'un des pays
les plus tolérant en terre d'Islam et qu'il est un tout dans lequel Marrakech
n'est rien sans Tanger, Fès, etc. et inversement. "
Regard sur un Maroc moderne " Mousta Largo voit dans la modernisation
du Maroc, une évolution à deux vitesses qui touche une minorité
de personnes, plus aisées. Même si dans les quartiers les plus pauvres,
tout le monde ou presque possède un portable, l'accès à d'autres
biens plus fondamentaux comme le logement, les études, la santé
ou le travail reste limité. D'après son analyse, le Royaume manque
d'investissements autres que touristiques mais le gouvernement, seul, ne peut
rien faire. Selon lui, l'accès aux études est une étape importante
de cette évolution mais il faudrait aussi aider et mieux encadrer les investisseurs
potentiels en les dirigeant vers des interlocuteurs clairs et visibles. C'est
aussi maintenant que le Maroc doit faire appel aux Marocains d'Ailleurs pour contribuer
à la modernisation du pays par leurs connaissances et leurs compétences.
Mais il faut faire vite car la plupart sont issus de la 3ème génération
et plus on avance dans les générations, plus la culture et les liens
s'effritent
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